Lundi 30 Juin 1997, Page 9. Document soumis aux dispositions du droit d'auteur. Tous droits réservés.

La MJC à la biennale d'Art contemporain

La biennale d'Art contemporain de Lyon s'ouvre aux villes périphériques. La maison des jeunes de Rillieux a présenté un projet de sculpture éphémère qui a retenu l'attention du comité de sélection. Rendez-vous le 7 septembre, place Bellecour, pour la présentation de cette œuvre au public.

Du 9 juillet au 24 septembre, la 4e biennale d'Art contemporain investira la Halle Tony Garnier. Dans un souci d'ouverture, les responsables ont décidé de proposer aux communes périphériques de présenter un projet de sculpture éphémère qui serait présentée ultérieurement à Lyon, place Bellecour.

30 propositions ont ainsi été envoyées, dont une de la maison des jeunes de Rillieux, et 15 ont été retenues. La MJC fait partie des candidats privilégiés et le 7 septembre prochain, ses représentants mettront leur projet en avant ; une oeuvre que l'on peut d'ores et déjà qualifier d'audacieuse.

 

Encadrés par Yves Henry, l'un des trois artistes présents à Rillieux pour le symposium de sculptures et dernièrement dans le cadre du pôle d'éducation artistique, 15 habitants, adolescents et adultes, font partie intégrante de ce projet, tout comme les représentants de la MJC, Eric Belkhirat et Gisèle Bertrand, la ville de Rillieux, l'ASCS, le CLAIR, l'Art en sort, Renoir 2001, le Bol d'Air et l'OPAC de l'Ain.

 

Sur le thème de " l'Autre ", une idée a ainsi germé de l'esprit fertile de quelques personnes et très vite les bases du projet ont été jetées sur le

papier. Riches de l'expérience du dernier symposium de sculptures ayant pour thème " Les portes de la ville ", les têtes pensantes ont imaginé un

espace de 90 m2 " construit comme un tableau évolutif avec des éléments fixes, des éléments mobiles et une architecture faite d'éléments vidéo " précise le directeur de la MJC. " Ce périmètre sera délimité par une pelouse verte, partie intégrante de l'oeuvre et fond du tableau. Nous installerons parallèlement une porte surmontée d'un personnage, appelé le guetteur. Elle symbolisera la multiplicité des points de vue en se déplaçant dans tout l'espace du tableau. D'autres éléments feront également partie de cette sculpture : un entrelac dans lequel circulera de l'eau, une toile plastique maintenue en l'air à l'aide de ballons gonflés à l'hélium et une voiture, symbole de la ville et de la banlieue... Plus tard, des adultes d'âge mûr sortiront de la voiture et au milieu de fumigènes que nous lancerons, la recouvriront de peinture noire... la brûlant ainsi symboliquement. Ce sont enfin des jeunes qui transformeront ce véhicule en le faisant devenir une oeuvre plastique et esthétique. Ce moment donnera lieu à une intervention chorégraphique ". Toutes ces étapes de travail se feront en même temps que la projection de différentes images sur des écrans vidéos disposés dans différents recoins du " tableau ".

 

Si le projet est maintenant clairement défini, un travail de préparation est indispensable en amont, afin que chaque intervenant soit au point le 7 septembre ; le jour de gloire pour tous ceux qui auront participé de près ou de loin à cette expérience originale.

F. Blanc

 

Mardi 12 Août 1997. Portrait d'artiste. Document soumis aux dispositions du droit d'auteur. Tous droits réservés.

 

Dans le cadre de la 4e Biennale d'art contemporain de Lyon, se déroulera le 7 septembre, une fête de l'art. Des groupes constitués, des graffeurs, mais aussi des particuliers viendront créer une oeuvre en direct, sur la place Bellecour. Tout au long de ce mois d'août, nous vous présentons quelques-uns de ces participants

 

Bron à la lettre

Sous la férule du sculpteur Salim Toraubally, six lettres vont être réalisées dans différents quartiers de Bron pour former une seule et même oeuvre, " L'autre "Pour l'instant le projet existe sur le papier. Salim Toraubally, 34 ans, a dessiné un projet de sculpture composée des six lettres du mot " L'autre ", qui constitue le thème de la biennale d'art contemporain.

Le concept est ainsi de faire réaliser chacune des lettres par une structure d'animation de Bron (MJC, Centre social, maison de quartier...).

Regroupées, ces oeuvres éparses donneront vie au projet du plasticien, et constitueront une oeuvre collective, scellée par la dernière lettre (le U) qui sera fabriquée " in situ " par l'ensemble des participants. " Cette formule permet de travailler ensemble, de discuter, de se confronter ", explique Salim Toraubally.

 

Pour l'instant, à raison de cinq séances par lettre, Salim Toraubally sillonne Bron de part en part pour suivre l'évolution des lettres. Le A est ainsi concocté à la MJC Louis-Aragon par une équipe d'apprentis plasticiens de 5 à 10 ans. Sur une maquette en bois représentant la lettre, chaque enfant travaille sur un agrandissement de son empreinte digitale, qui sera collée sur le A. Ce travail sur l'empreinte permet d'aborder les thèmes de l'unicité, de l'identité. L'affirmation de soi-même comme point de départ vers l'autre.

 

Les outils de l'art contemporain

Le T, réalisé à Terraillon, au centre social Gérard-Philipe, est l'œuvre d'une équipe de jeunes filles de 14 à 15 ans, qui ont travaillé à partir de photos projetées sur une toile, qui a été peinte, puis attachée avec des cordes. Le pôle petite enfance de Bron planche sur les drapeaux de différents pays, pour confectionner le L. Le thème permet bien sûr d'évoquer les nationalités, mais il est aussi prétexte à la découverte du monochrome.

Une " performance " sera également réalisée place Bellecour pour la journée " L'art sur la place ". Des polaroïds des passants (volontaires...) seront apposés sur le socle de la lettre. Encore un outil cher à l'art contemporain (Warlhol, Hockney...). Le U, qui sera fabriqué sur place sera en fait un coffre grillagé que chacun sera appelé à remplir. Il s'agira de confier à cette lettre-coffre un objet cher, ou particulièrement symbolique.

T. M.

 

Mercredi 13 Août 1997, Page 11. Document soumis aux dispositions du droit d'auteur. Tous droits réservés.

ARTS PLASTIQUES Pas de vacances pour le collectif Odyss'Art.

Participation à la Biennale d'Art Contemporain oblige, Vincent Moreno et Natacha Mégard animent, durant ce mois d'août, un atelier pour les adhérents du collectif Odyss'art en vue de préparer l'installation du 7 septembre sur la place Bellecour Un nom, deux possibles : Odyss'Art, c'est tout à la fois un collectif qui regroupe une dizaine d'artistes amateurs et une manifestation qui se déroule en juin afin de présenter les oeuvres de ces artistes. Deuxième du nom, mais sixième de la Semaine de la Création mise en place en 1992 par le CCO, l'édition 97 a rassemblé, en juin dernier, une production éclectique et de qualité dans le cadre amélioré, pour la circonstance, des Restos du Coeur. Le succès fut à la hauteur des innovations et de la diversité du travail ainsi proposé, qui se prolonge, cet été, dans l'atelier du cours de la République.

Une demi-douzaine de jeunes gens y travaillent d'arrache-pied sous la houlette de Vincent Moreno et de Natacha Mégard, artistes confirmés quant à eux, et spécialisés dans les installations de jardins extraordinaires.

Tenants d'une " approche quasi littéraire du paysage ", Vincent et Natacha partent d'ailleurs au Brésil en septembre afin de montrer leur " jardin cosmique " déjà présenté en mars dernier à Annonay. C'est donc tout naturellement que le thème du jardin s'est imposé au groupe des artistes de Odyss'Art qui participera à l'opération " Art sur place " organisée par les responsables de la Biennale d'Art Contemporain. Elle regroupera le 7 septembre, sur la place Bellecour, les oeuvres réalisées par une quinzaine de collectifs - dont celui d'Odyss'Art - et par plus de deux cents individuels.

L'Autre est au jardin

Sur le thème général de l'Autre (celui de la BAC 97), les Villeurbannais sont donc appelés à se pencher sur la problématique des jardins. Des lieux où il est plus facile, sans doute, d'aborder l'Autre. Peut être aussi le lien entre jardin et Autre est-il amour ? C'est ce que suggèrent Natacha et Vincent. Pour mener à bien l'entreprise au sein du collectif Odyss'Art, il a été décidé de procéder d'abord à un travail d'écriture et à une approche plastique individuels, puis de passer à la réalisation de maquettes tout aussi individuelles, afin, dans la phase finale, de mettre en place le jardin commun : un pré rond d'environ soixante mètres carrés où des cloches de culture deviendront sculptures propices à l'expression de chacun.

Du collectif à l'individuel et de l'individuel au collectif, ce projet a largement été alimenté lors de la visite du groupe aux jardins de Cormatin. Un monde extraordinaire où formes et couleurs se déclinent en un art savant presque aussi ancien que le principe même de la culture. Une véritable source d'inspiration en tous cas qui motive chacun des membres du collectif Odyss'Art dans un registre bien différent de ce qu'ils font habituellement.Et si Karine, la technicienne, se penche actuellement sur le plan de la future installation collective, elle aimerait plus tard, se spécialiser dans le design urbain. A quelques jours de la rencontre avec " l'Autre ", l'heure est au " détail ". Manière de parler bien sûr, car tout doit être peaufiné sur place avec les (petits) moyens du bord.

Quant aux maquettes préalables, elles devraient alimenter un travail de rentrée en vue d'une exposition. Car, pour le collectif Odyss'Art, il s'agit désormais de ne pas se contenter de la seule manifestation de juin. L'ambition est, en particulier de développer les interventions sur les quartiers en partenariat avec des structures de proximité. Et, beaucoup plus prosaïquement, de trouver un nouveau local où il fasse moins froid l'hiver et où il ne pleuve pas les jours d'orage ! La pluie, c'est bon pour les jardins, sauf quand ils sont de peinture, de carton et de rêve

D. DEVINAZ

L'Art sur place le dimanche 7 septembre, place Bellecour à Lyon.

Le jardin secret d'Eric a quelque chose d'une pyramide.Autour de Vincent et de Natacha, quelques uns des adhérents du collectif Odyss'Art.

 

Samedi 16 août 1997, page 10. Portrait d'artiste. Document soumis aux dispositions du droit d'auteur. Tous droits réservés.

L'ART SUR LA PLACE Saint-Priest. Le " monde idéal " des sanpriods.

Avant le " jour J " du 7 septembre où " l'art sur la place " portera l'art contemporain et la création au coeur de Lyon, sur la place Bellecour, le groupe sanpriod marque une pause estivale. Présentation de leur projet qui a maintenant pris tournure et ressemble fort à une vision idéale du monde, équilibré entre cité urbanisée et jardin Le 7 septembre prochain, la Biennale d'Art Contemporain se transportera au cœur de Lyon. L'art sera " sur la place ", à Bellecour précisément, où une quinzaine de groupes exposeront le fruit de trois mois de recherches et d'élaboration.

 

À Saint-Priest, une quinzaine de personnes ont travaillé assidûment depuis le début du mois de juin pour finalement concrétiser un projet qui ressemble fort à une cité miniature, un " monde idéal " que les visiteurs auront à leurs pieds lors de cette journée particulière.

Si le thème générique de cette biennale est " l'autre ", les recherches du groupe sanpriod " piloté " par le plasticien Franck Bonnefoy se sont rapidement orienté vers le rapport entre la ville et le jardin. "Le rapport qui existe entre habitat et jardin est très proche des relations entre public et privé, entre individuel et collectif. Nous avons pensé exprimer le thème choisi par cette cité idéale autonome par rapport à cet autre qu'est le monde extérieur" commente Franck.

 

Des codes précis

Des immeubles aux maisons, en passant par les cabanons des jardins et le paysage en lui-même, ce monde " sur mesure " est régi par des codifications précises. "Cela tient à la fois de la maquette, de la miniature et du tapis de jeux pour enfant" indique Franck.

Dans cette optique, rien n'est laissé au hasard : "nous avons utilisé les codes graphiques des cartes pour le paysage" poursuit l'artiste. Car il convient de représenter tous les types de paysages et de logements composant une cité : des immeubles avec leurs fenêtres éclairées aux villas, toutes identiques, que Franck appelle "la cité-jardin", sans oublier les cabanes des jardins ouvriers et les espaces verts ou même un mini-golf.

"Tous sera modélisé, seules les maisons seront en volume et elles se différencieront uniquement par un signe distinctif sensé représenter la personne qui l'occuperait" explique Franck qui évoque "un raccourci des paysages sur notre surface de 88 mètres carrés place Bellecour".

Cette représentation " idéale " d'un rapport équilibré entre cité et jardin est née des " balades " effectuées par le groupe en juin dans le quartier de la Soie à Villeurbanne - "une cité ouvrière modéle de la " cité-jardin "" note Franck-, dans le quartier des Étoiles de Givors (où des HLM sont construits en étage autour d'espaces verts individuels que chacun aménage à sa guise), ou encore dans les jardins ouvriers de la Cité Berliet.

L'art sur la place, le tag dans les allées

Car l'unanimité d'un groupe composé pour la majeure partie de gens pour qui, résume Franck, "les arts plastiques n'étaient souvent pas une priorité", s'est faite autour de ce monde idéalisé. Si quinze personnes se sont impliquées, la participation de chacun s'est ensuite faite au gré de ses possibilités.

Des artistes aux amateurs en passant par un grapheur, tous se sont appliqués jusqu'au début du mois d'août (avant de reprendre début septembre) à composer cette vision du monde aux contours bien délimités, où chaque chose est à sa place. Les personnes circulent dans les allées, les immeubles se trouvent en bordure de jardins ouvriers aux cabanons numérotés, les villas sont au centre de leurs carrés de verdure

Un monde " propret " et " policé " où même le tag trouve sa place. Ce sont les allées traversant cette cité créée par les sanpriods qui serviront de support au jeune grapheur appartenant au groupe. Aurait-on dans ce " monde idéal " trouvé un espace d'expression pour cet art urbain qui peine à trouver une place autorisée dans la ville " normale "

FRANÇOIS LE STIR

La " construction " de cette " cité idéale " s'est poursuivie jusqu'au 9 août dans les locaux de la Carnière.

 

Mercredi 3 septembre 1997, page 28. Portrait d'artiste. Document soumis aux dispositions du droit d'auteur. Tous droits réservés.

Certains viennent de Lyon et de son agglomération, de Bron, Rillieux, Vaulx-en-Velin ou Villeurbanne. D'autres de plus loin, de Paris, Marseille, Toulouse, Strasbourg et même d'Amsterdam ou de New-York. Certains présentent un travail collectif, développé en ateliers autour d'un artiste. D'autres s'expriment à titre individuel. Certains ont choisi un moyen d'expression inhabituel comme des visages peints à l'intérieur de cuvettes colorées se reflétant à la surface de l'eau ou la peinture sonore. D'autres sont déjà des as du "graff" (voir photos).

Qu'ils manient le .la bombe de peinture ou ...la danse, tous nous donnent rendez-vous ce dimanche 7 septembre place Bellecour, de 8h à 20h.

200 créations artistiques en direct. A voir.

Jeudi 4 septembre 1997, page 14. Document soumis aux dispositions du droit d'auteur. Tous droits réservés.

Des enfants des Buers à " L'Art sur la place ".

Un groupe d'enfants du Centre social des Buers a suivi les traces de L'Autre ", thème fédérateur de la Biennale d'Art Contemporain. Leur création sera présentée le dimanche 7 septembre place Bellecour dans le cadre de " L'Art sur la place "Intéresser des pré-adolescents à l'art contemporain n'est pas chose facile. Plus encore lorsque la chaleur de l'été invite plus à la baignade qu'à la visite de musées. C'est donc une manière d'exploit qu'ont réussi conjointement des animateurs du Centre social des Buers et d'autres du collectif Odyss'Art, qui ont amené quatorze enfants à se pencher sérieusement sur la question de l'art.

Il faut dire que la Biennale d'Art contemporain de Lyon, sur le thème de l'" Autre ", était l'occasion rêvée de les conduire sur les chemins de la découverte.

Ce qui fut fait peu après la mi-août, pour une douzaine de jeunes, âgés de 9 à 13 ans. Placés sous la houlette d'animateurs des Buers et d'Odyss'Art ainsi que sous celle d'un guide qualifié, ils ont découvert, non sans un vif étonnement et une intense surprise, le monde étrange et délirant, inquiétant parfois, de l'art contemporain.

Leurs réactions, mi-indignées, mi-admiratives, bien souvent très pertinentes, ont été enregistrées durant toute la visite.Ce qui est sûr, c'est que celle-ci aura remué plein de choses en eux.

Tout le monde fait de l'art

De cette confrontation directe avec l'art, l'idée leur est venue que " tout le monde est peut être bien un peu artiste " ; eux aussi, pourquoi pas ?

Voilà comment ils se sont tous retrouvés le lundi suivant au Centre social des Buers pour petit un stage d'initiation-création. Vincent Moreno et Natacha Megard, du collectif Odyss'Art, ont aidé à la mise en place d'une oeuvre tout à la fois individuelle et collective, sur le thème de l'" Autre

".

Elle se concrétise sous la forme d'un ensemble de boîtes, à raison d'un exemplaire par enfant. Chacun d'eux a dû la personnaliser avec les moyens de son choix : peinture, objets apportés de la maison, dessins. " Comment je perçois l'autre ? Comment je suis perçu par l'autre ? ".

Des questions au bout desquelles l'affaire a été rondement menée, en quatre matinées seulement. Brève, mais intense, elle a véritablement mobilisé les enfants qui, aujourd'hui, sont très fiers : leur oeuvre sera exposée le dimanche 7 septembre sur la place Bellecour dans le cadre de la journée "

L'art sur la place ".

Un événement qui pourrait bien motiver d'autres artistes amateurs, notamment parmi les adolescents. Après le succès de cette petite opération, ses responsables espèrent, en effet, en conduire une du même type auprès de jeunes un peu plus âgés, dans les semaines à venir. Car y a-t-il un meilleur moyen de comprendre l'art que de s'essayer à créer soi-même ?

D. DEVINAZ

Rendez-vous le dimanche 7 septembre place Bellecour où seront exposées les oeuvres des enfants des Buers et du collectif Odyss'Art.

Une " boîte " à personnaliser pour chacun des enfants.